Histoire de la mairie du 1er

La mairie en quête de son emplacement

Un arrondissement à la recherche de ses limites...

La loi du 16 juin 1859, entrant en application au 1er janvier 1860, créait, dans le périmètre de l'enceinte fortifiée construite sous le ministère Adolphe Thiers, à la fin du règne de Louis-Philippe, vingt arrondissements, au lieu des douze qui, depuis 1793, constituaient la mosaïque administrative parisienne contenue dans l'ancienne enceinte dite des Fermiers généraux édifiée sous Louis XVI.

Le découpage administratif de Paris réalisé au moment de la Convention était assez complexe. En 1860, les nouveaux arrondissements furent établis de façon plus logique en partant de la Seine, la numérotation allant dans le sens des aiguilles d'une montre.

Le 1er arrondissement fut le centre de cette spirale. Il fut créé sur les quartiers appartenant auparavant à l'ancien 4ème - quartiers du Louvre, Saint-Honoré, de la Banque, des Marchés -, à l'ancien 2ème, - Butte des Moulins, Palais-Royal -, aux anciens 3ème et 5ème, rues Montmartre, Saint-Eustache, Montorgueil, à l'ancien 1er, quartier des Tuileries.

L'ancien 1er arrondissement, dont la mairie était installée rue d'Aguesseau, dans I'hôtel de Contades, s'étendait sur la totalité du 8ème actuel et une partie du 16ème, entre l'Etoile, l'Alma et le Trocadéro.

Le nouveau 1er arrondissement comporta, comme tous les autres, quatre quartiers : Saint-Germain l'Auxerrois, les Halles, Palais-Royal, place Vendôme.

En 1860, I'administration municipale eut la chance de pouvoir disposer d'une mairie toute neuve qui venait d'être construite pour l'ancien 4ème dont le bâtiment municipal était jusque-là situé dans la rue du Chevalier-du-Guet, près du Châtelet ; la création des rues de Rivoli et des Halles le fit disparaître.

Un aménagement de l'espace face à la colonnade de Claude Perrault...

Le dégagement de la colonnade du Louvre, la création d'un environnement architectural digne d'elle avaient commencé à préoccuper architectes et urbanistes dès la fin du XVIlème siècle. On envisagea d'établir dans ce quartier une place importante et même d'ouvrir une avenue en direction de l'Hôtel de Ville. La présence de l'église Saint-Germain l'Auxerrois rendit ce projet irréalisable. Dans les années 1755-1776, l'architecte Jacques-Germain Soufflot réussit à aménager un terre-plein devant la colonnade. A l'époque révolutionnaire, l'espace faisant face à Saint-Germain l'Auxerrois fut dégagé. Au début du Premier Empire, Napoléon s'intéressa au vieux projet d'axe Est-Ouest, et proposa une avenue triomphale entre la colonnade du Louvre et la place du Trône !

La création de la place du Louvre fut déclarée d'utilité publique en 1851, alors que l'empereur Napoléon III et le préfet Haussmann se préparaient à faire achever la rue de Rivoli qui, depuis le Premier Empire, s'arrêtait à la hauteur de la rue de Rohan.

Le préfet Haussmann souhaitait reproduire sur la place l'architecture décorative homogène qui caractérisait les immeubles de la rue de Rivoli, dont les arcades, en 1855, avaient atteint la rue des Poulies (rebaptisée "rue du Louvre" sous la IIIème République).

Les arcatures en plein cintre furent donc de rigueur pour les deux grands immeubles qui encadrent la place, côté rue de Rivoli et côté quai.

Face à la colonnade du Louvre, il fallait un bâtiment équivalent, par sa masse et sa silhouette, à la façade de l'église. Le baron Haussmann écrit à ce propos : " Je cherchais, non sans peine, un agencement de la nouvelle place dans lequel Saint- Germain l'Auxerrois eût sa raison d'être. Je crus l'avoir trouvé dans la construction de la mairie suivant un alignement bien en sens inverse de celui de l'église". Le 12 avril 1855, Hittorff fut chargé d'édifier la "mairie du Louvre".

La mairie d'Hittorff  

Né à Cologne, l'architecte Jacques Ignace Hittorff (1792- 1867) a laissé à Paris une oeuvre abondante et de grande qualité. Il réalisa sous Louis-Philippe la rénovation de la place de la Concorde avec ses fontaines, ses statues et ses colonnes rostrales ; celle des quinconces des Champs-Élysées : fontaines, cafés-concerts et panorama; l'église Saint-Vincent de Paul, la salle Favart et le théâtre de l'Ambigu dramatique. Pendant le Second Empire, il fut chargé d'élever le Cirque d'été des Champs-Élysées et le Cirque d'Hiver. Il donna le dessin général de la place de l'Étoile et de ses hôtels. Il édifia la fondation Eugène Napoléon et la nouvelle gare du Nord.

  • Une mairie de style Renaissance
  • Une certaine symétrie avec Saint-Germain l'Auxerrois

Haussmann souhaitait que la mairie rappelle par sa silhouette l'église voisine, sans en reproduire les formes et les détails de son architecture " ogivale ". A cet exercice difficile, Hittorff apporta une solution à la fois savante et élégante, non sans hésitations... Les avant-projets, qu'il présenta au préfet le 1 er septembre 1855, comportaient sept variantes, toutes avec un porche qui rappelait celui de l'église. Hittorff utilisa le vocabulaire architectural classique inspiré de la première Renaissance avec colonnes, balustrades, frontons et entourages de fenêtres richement ornés en haut relief, tant sur les façades extérieures que sur celles de la cour d'honneur. L'exécution fut particulièrement soignée. Face à la place du Louvre, le porche reproduisit exactement le rythme des cinq arches d'inégale hauteur du porche de Saint-Germain l'Auxerrois. Au premier étage, entre les tourelles qui rappelaient aussi celles de I' église, I'architecte plaça une grande rosace et exécuta, à la partie supérieure, une interprétation du pignon gothique voisin. Ce tut une brillante démonstration du style éclectique dont maints exemples allaient ensuite apparaître sous le Second Empire, et jusqu'à la fin du siècle, dans l'architecture publique ou privée.

Hittorff associa colonnes ioniques et balustrades de style flamboyant, avec tout un répertoire ornemental d'arabesques aux fenêtres et aux frontons dans un style très fleuri que l'on retrouve aussi sur les panneaux en fonte moulée des portes du vestibule. La sculpture à thème allégorique vint compléter ce décor. Sur les deux légers avant-corps des tourelles, de part et d'autre de la rosace, deux niches contiennent, à droite, " la Bienfaisance", du sculpteur Travaux, à gauche, " la Justice", d'Aimé Millet. Au faîte du pignon, " la Loi", de G. Grauck, assure la symétrie avec l'archange Saint-Michel de Saint-Germain l ' Auxerrois. Face à la colonnade du Louvre apparut ainsi une nouvelle façade urbaine soigneusement ordonnancée : l'espace, ouvert sur la Seine, étant clos, côté nord, par les immeubles de la rue de Rivoli.

Une cour polygonale

L'exiguïté de l'espace disponible ne fut pas un obstacle pour Hittorff, ou du moins cette contrainte stimula son imagination. Il organisa les services autour d'une cour polygonale sur laquelle il multiplia les fenêtres, assurant ainsi un maximum d'éclairement pour les différentes pièces.

Grâce au jeu des pilastres, à la présence des corniches et des frontons, la cour acquit un aspect monumental et élégant, proche de celles de certains hôtels particuliers classiques.

Le vestibule d'entrée, orné de lanternes en fer forgé, est une réussite, l'architecte jouant sur la transparence et sur les diverses sources d'éclairement naturel qui viennent du porche et de la cour à travers les portes à claire-voie, mais aussi du palier de l'étage sur le côté gauche, par le vide de la cage d'escalier. Cet escalier d'honneur conduit à l'antichambre de la salle des Mariages.

La salle des Mariages

La salle des Mariages est le lieu le plus spectaculaire de l'édifice ; sa situation face à la colonnade du Louvre en fait un espace privilégié, prolongé par la terrasse qui domine le porche. Le décor architectural, les sculptures et les peintures qui ornent ses murs contribuent à sa splendeur. Les murs sont rythmés par de grands pilastres corinthiens. Une voûte en plein cintre et à caissons géométriques couvre cet imposant volume. Une cheminée monumentale fait face aux baies et à la rosace de la façade. Rythmée par deux grandes cariatides, qui symbolisent les travaux et les devoirs du couple, elle est l’œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Klagmann. Au-dessus de la corniche, dans les tympans en demi-cercle, on plaça trois compositions du peintre Albert Besnard, l'une au-dessus de la cheminée, les autres aux extrémités de la salle.

Ces trois allégories symbolisent :

  • " le Printemps, ou le Matin de la Vie "
  • " l’Été, ou le Milieu de la Vie "
  • " l'Hiver, ou le Soir de la Vie "

C'est seulement en 1881, vingt-trois ans après la construction de la mairie qu'on se préoccupa de faire réaliser le décor de la salle des Mariages. La commande ne fut passée au peintre qu'en 1886, les toiles étant mises en place en mai 1887. Les critiques du temps, Roger-Marx et Camille Mauclair, soulignèrent " la volonté de renouvellement des schémas conventionnels propres à la peinture figurative ", les figures étant plus liées à la réalité concrète qu'à la mythologie. Ainsi, par exemple, " l’Été ou le Milieu de la Vie " est illustré par une composition foisonnante et une abondance d'activités ; " le Printemps " est un groupe de jeunes filles et d'oiseaux ; tandis que " l'Hiver " est symbolisé par un couple âgé, paraissant recru de fatigue. Albert Besnard produisit d'autres œuvres de cette inspiration pour l'école de Pharmacie, l’amphithéâtre de chimie de la nouvelle Sorbonne, le salon des Sciences de l'? Hôtel de Ville, dans ses esquisses pour la mairie du XIXème arrondissement, ou plus tard dans la coupole du Petit-Palais. Ce peintre montre dans ces divers projets et réalisations une démarche originale que Camille Mauclair qualifia de " symbolisme scientifique ".

Parmi les autres œuvres d'art de la mairie, citons le buste en marbre figurant Jean Goujon (1510-1564). Illustre habitant du quartier, ce dernier réalisa le décor sculpté de la cour du Louvre et de la fontaine des Innocents. Ce buste est de Frédéric Iselin (1826-1905), élève de Rude.

Dans le couloir de " La Distribution des Vivres aux Halles ", réalisée en 1897.

Dans les années 1900, la mairie apparut insuffisante à une époque où les arrondissements du centre comptaient une population plus nombreuse qu'aujourd'hui. A la veille de la Grande Guerre, en 1914, on envisageait son agrandissement sur l'immeuble voisin, 4, rue Perrault, donné à la ville par Ernest Cognacq, propriétaire-fondateur de La Samaritaine. La Ville entra en possession de cet immeuble en 1922. On avait prévu d'y installer une salle des Fêtes, le nouveau bureau de bienfaisance et la justice de paix. En 1939, les délibérations municipales évoquaient encore ce projet qui ne se réalisa pas.

Le beffroi

On ne saurait dissocier le beffroi, placé entre la mairie et l'église, de l'histoire de la mairie. La construction en fut entreprise en 1858 sur les plans de Théodore Ballu qui avait participé, peu de temps auparavant, aux travaux de restauration de la tour Saint-Jacques (1852-1855). De trente-huit mètres de haut, il se compose de quatre étages inégaux ; le rez-de-chaussée et le premier étage sont de plan carré, les étages supérieurs sont octogonaux.

Une tourelle placée sur la façade arrière contient l'escalier à vis qui permet d'atteindre le troisième étage, et de continuer jusqu'à la plate-forme à balustrade par des escaliers en bois et en métal. Le beffroi est orné de gargouilles, de pilastres avec arcs-boutants au troisième étage, de baies ogivales à meneaux garnies d'abat-son à l'étage supérieur. Il est relié à I'église et à la mairie par deux murs de clôture percés d'une grande porte ogivale. De nombreuses statues se partagent toutes les places disponibles sur les pilastres d'angle ou dans les fausses baies du premier étage : les évêques saint Germain I'Auxerrois, saint Landry, saint Denis ; les rois Childebert, Clovis, Pépin le Bref, Philippe Auguste, Saint-Louis, Hugues Capet, Charlemagne, Dagobert. Dans la salle du rez-de-chaussée, les fenêtres sont décorées de deux vitraux d'Eugène-Stanislas Oudinot, " le Mauvais Riche " et la Résurrection de Lazare ".

Au second étage, on a disposé trois cadrans, une horloge, un baromètre et un thermomètre. Le beffroi-campanile possède un carillon parmi les plus complets et les plus parfaits de France. Il compte trente-huit cloches (trois gammes chromatiques). Installé en 1 884, il fonctionna jusqu'en 1975. Il fut depuis entièrement restauré et se fait toujours entendre à heures régulières.

Dernière mise à jour le lundi 17 juillet 2017

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