Histoire et visite du Prem1er

Flânerie historique dans le cœur absolu de la France

Rendre à César…

La nation française s'est bâtie dans ce périmètre béni des dieux, entre la Sainte-Chapelle, Saint-Eustache, le Louvre, les Tuileries et le Palais-Royal, sur les rives de la Seine, prodige de civilisation. Du haut de ses tréteaux du Pont-Neuf, Molière nous fait encore sourire de nos vanités et Diderot, attablé à la terrasse de la Régence, continue de scruter nos paradoxes.

Du commencement de la nation , l'arrondissement du cœur de Paris a vu naître la monarchie, puis apparaître les génies emblématiques de la témérité intellectuelle parisienne, les figures des Lumières et du romantisme, d'Helvétius à Rousseau, de Molière à Diderot, de Beaumarchais à Musset. Ici, toutes les rues mènent de la plus haute antiquité aux sentiments modernes. De Hugues Capet à Jean Cocteau. De Sainte Geneviève à Colette…

Les premières traces d'une présence humaine surgissent dans les brumes lointaines et séquanaises du néolithique moyen , entre 4500 et 3500 av. J.-C.. Sait-on qu'un mégalithe se dressait quai de la Mégisserie, à l'emplacement actuel de la scène du Châtelet, où le Wotan de Wagner défie toujours les géants de la terre ? Lorsque Jules César , en 53 av. J.-C. - un an avant Alésia -, convoqua à Lutèce, dans l'île de la Cité, l'assemblée des Gaules, les Parisii, remarquables négociants du monde gaulois, battaient déjà monnaie depuis près de deux siècles. La Cité, protégée par son enceinte fortifiée et les bras du fleuve, occupait un rôle stratégique dans l'empire.

Justinien y fut proclamé empereur par ses troupes en 360. A la fin du cinquième siècle, en pleine débâcle romaine, la divine providence offrit à Paris Geneviève qui éloigna les Huns d'Attila et apprivoisa, en 486, le bouillant Clovis, roi des Francs. Si les monarques mérovingiens puis leurs successeurs carolingiens boudèrent la Cité, des fouilles ont montré que l'île était restée un grand carrefour commercial, grâce à la Seine. Ce labyrinthe de venelles étroites enchâssées dans de hauts remparts était exposé aux invasions des Normands prompts à piller le reliquat de grandeur romaine. Les calamités engendrées par ces furieuses incursions incitèrent les rares habitants de la rive droite à se réfugier autour des sanctuaires de Sainte Opportune et de Saint Germain d'Auxerre. C'est seulement à partir du règne du fils d'Hugues Capet - Robert le Pieux -, en 996, que la Cité commença à être rebâtie autour d'une chapelle dédiée à Saint Michel.

Les Halles des Champeaux

Les marécages des Champeaux, sur la rive droite, furent asséchés par les congrégations religieuses au début du XI e siècle. Le marché des Champeaux, à l'ouest de la rue Saint-Denis, avait été favorisé par la construction, en 1113, du Grand Pont et du Grand Châtelet, siège du prévôt de Paris. Le sel et les harengs arrivaient de la Manche et de la Mer du Nord. Le bétail du Vexin était abattu et découpé par les bouchers sur les berges du fleuve. Les « changeurs », qui pesaient les monnaies au trébuchet, finirent par donner le nom de leur art numismatique au Grand Pont.

Paradoxalement, ce fut Philippe Auguste , affairé à ferrailler sur les champs de bataille, qui lança le chantier, en 1190, avant de partir pour la Terre Sainte, d'un mur de 4,5 km destiné à protéger les 200.000 Parisiens. Il fit construire une forteresse - le Louvre - pour mettre le trésor royal à l'abri des pillards . L'administration s'était installée dans la Cité que Saint-Louis étendit et qu'il enrichit de la Sainte Chapelle en 1243.

L'achèvement de ce joyau du gothique flamboyant attira sur les rives de la Seine, Précisément quai des Orfèvres, les meilleurs enlumineurs, les verriers, les peintres, les émailleurs et les orfèvres d'Europe. Au cours de ces années de revanche orgueilleuse des Capétiens, les bateliers installés à la pointe de l'île de la Cité, adoptèrent une devise qui devait connaître une certaine fortune : « Fluctuat nec mergitur » .

Théâtre tragique

Des rois pieux aux rois « maudits », il n'y avait que la distance qui séparait l'immense table de marbre noir de la salle de justice de Philippe le Bel de son verger, en face du Louvre, à l'extrémité ouest de l'île, où, en 1307, les Templiers périrent sur le bûcher. Paris, subissant les fléaux du royaume déchiré, fut, à partir de la seconde moitié du XIV e siècle, la proie de la peste, des exactions de la soldatesque et de l'insurrection fomentée par Etienne Marcel, le prévôt des Marchands. En 1358, Charles V , humilié par le notable factieux, quitta le palais de la Cité non sans avoir installé l'horloge de la Tour pour marquer son autorité. Instruit par le coup de force d'Etienne Marcel, il agrandit les remparts de la ville repoussés désormais à la hauteur du Carrousel et de la place des Victoires. Au Louvre, qu'il transforma en demeure royale, ce mécène éclairé rassembla un millier de manuscrits enluminés et réunit autour de lui des sculpteurs, des peintres, des tapissiers…

Dupe des manœuvres des Bourguignons et des Armagnacs, Paris, au début du XV e siècle, se livra aux Anglais. Jeanne d'Arc , en 1429, fut blessée à la porte Saint-Honoré et battit en retraite, deux ans avant d'être condamnée à mort par les clercs de la Sorbonne. La versatilité de la population parisienne rendit les monarques, une fois la paix revenue, méfiants. Plus familier de ses châteaux de la Loire, François Ier , un siècle plus tard, rasa le donjon du Louvre et demanda à Pierre Lescot d'élever une aile dans le style italien, décorée par le sculpteur Jean Goujon. Henri II acheva ce manifeste de l'art de la Renaissance en même temps qu'il commandait la Fontaine des Innocents.

Avec les Valois, le nouveau Louvre, avant-scène des intrigues de la cour, se muait en théâtre des luttes âpres écartelant la France : les guerres de religions. Il faut relire la trilogie d'Alexandre Dumas - la reine Margot, la Dame de Monsoreau et les Quarante-Cinq - pour mesurer l'ampleur de cette tragédie. Dans la nuit du 24 août 1572, retentit le tocsin de Saint-Germain l'Auxerrois. Il accompagnait le massacre prémédité de la Saint-Barthélémy . Les portes des protestants étaient marquées d'un signe à la craie. Les catholiques, au petit matin de cette funeste nuit, se rendirent en procession au cimetière des Innocents pour y célébrer un miracle - le fleurissement de l'aubépine en cette fin d'été - et dire une messe d'action de grâce. « Cette espèce d'assentiment donné par le Ciel au massacre qui s'exécutait avait redoublé l'ardeur des assassins, écrit Dumas. Et tandis que la ville continuait à offrir dans chaque rue, dans chaque carrefour, sur chaque place une scène de désolation, le Louvre avait déjà servi de tombeau commun à tous les protestants qui s'y étaient trouvés enfermés au moment du signal. » Henri de Navarre était alors prisonnier du Louvre. S'évadant par la chaîne qui empêchait, la nuit, le passage des bateaux, il n'eut de cesse de reconquérir le pouvoir, de restaurer la paix, grâce à l'Edit de Nantes, jusqu'au 14 mai 1610 où Ravaillac le frappa au cœur, rue de la Ferronnerie.

La construction des Tuileries , décidée à la mort d'Henri II par Catherine de Médicis, survécut aux événements tragiques de la fin du XVI e siècle. Il s'agissait d'un pavillon central, flanqué de deux ailes, et prolongé par un labyrinthe à l'italienne où Bernard Palissy, protestant traqué par les ligueurs du duc de Guise, conçut une grotte ornée d'émaux, de reptiles et de coquillages. Le projet ne vit jamais le jour. Catherine de Médicis, qui fuyait la prédiction de son mage, s'installa près de Saint Eustache. De sa résidence, il ne reste plus que la tour où ses astrologues interrogeaient les astres.

Au XVII e et au XVIII e siècles, Paris changea d'orientation et regarda, à partir du Louvre, vers l'ouest. Des fenêtres de la grande galerie qui surplombait la Seine et des terrasses des Tuileries, Louis XIII, Richelieu, Mazarin et Louis XIV rêvaient la France comme une perspective cavalière. Dumas, dans l'ouverture des Trois Mousquetaires, restitue l'humeur épique du Louvre des Bourbons : « Une fois qu'on avait franchi la porte massive, chevillée de longs clous à tête quadrangulaire, on tombait au milieu d'une troupe de gens d'épée qui se croisaient dans la cour, s'interpellant, se querellant et jouant entre eux.

Pour se frayer un passage au milieu de toutes ces vagues tourbillonnantes, il eût fallu être officier, grand seigneur ou jolie femme. » L' Europe classique définissait ses lois de la raison dans les nouveaux quartiers nantis, où d'Artagnan fourbissait ses armes, entre la place du Carrousel, la butte Saint-Roch et la place des Victoires. Cyrano de Bergerac né rue des Prouvaires et condisciple, au collège de Clermont, de Jean-Baptiste Poquelin , le fils du tapissier du roi de la rue Sauval - méditait son « voyage de la Terre à la Lune » tandis que le futur Molière composait la troupe de l'Illustre Théâtre. Les anthologies, décrivant le règne français sur les arts, pourraient se résumer aux limites du 1 er arrondissement. Molière habitait rue de Richelieu et Lulli rue des Petits-Champs. Louis XIV, leur bienfaiteur, avait confié la construction de la colonnade du Louvre à Perrault, le frère de l'auteur des contes.

Colbert avait fait achever la Cour Carrée et ouvert le jardin des Tuileries, sur les conseils de Charles Perrault, aux promeneurs. Insensiblement, le Louvre et les Tuileries étaient devenus des lieux de culture accessibles. Lebrun avait organisé, en 1679, le Cabinet des tableaux du roi qui préfigurait le « musée » de Vivant-Denon.

Au XVIII e siècle, la transformation du Palais-Royal ordonnée par le Régent incita toute l'aristocratie à construire leurs hôtels particuliers entre la place du Palais-Royal, la rue des Petits-Champs et la place Vendôme.

La rue Saint-Honoré bruissait des épigrammes et des libelles du Paris des Lumières. Voltaire, Diderot, d'Alembert et même Rousseau étaient choyés par la noblesse éclairée qui partageait les convictions des encyclopédistes. En 1789, les idées de la Révolution se propagèrent dans les galeries du Palais-Royal aussi vite que les insolences du Barbier de Séville présenté par Beaumarchais dans la salle des Machines des Tuileries en 1778 : « Pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir…

Haut-lieu du libertinage sous le Directoire, à quelques minutes des Tuileries où Napoléon Ier avait rétabli l'étiquette de l'Ancien régime, le Palais-Royal fut aussi, sous la Restauration, le grand rendez-vous des romantiques et des noceurs. Balzac a longuement décrit, dans « Les Illusions perdues », l'attraction corruptrice des tripots de l'ancien palais de Philippe Egalité. La renommée littéraire aussi pouvait relever des jeux de hasard. Victor Hugo et tous les gilets rouges avaient célébré leur bataille d'Hernani au café de Chartres.

D'effondrements de régime en exils amers - Charles X, Louis-Philippe, le coup d'Etat du 2 décembre, la défaite de Napoléon III, la Commune et la troisième République rétablie par Thiers, un monarchiste de cœur -, les passions françaises se cristallisèrent dans le 1er arrondissement, à proximité du Louvre et des Tuileries . Les déshérités, pendant plus d'un siècle, disposèrent même d'un territoire d'élection, les Halles de Baltard, où, jour et nuit, les fraternités se nouaient au milieu des cris des maraîchers, des crissements des « diables », des coups de gueule des bouchers et des amours tarifées des « enfants de l'assistance ».

Le 1er arrondissement est un manuel d'histoire qu'il convient de parcourir sans préjugé, armé du seul précepte de Stendhal, flâneur du Palais-Royal : « Qu'est-ce que la beauté ? Une nouvelle aptitude à vous donner du plaisir. »

Repères chronologiques

Achèvement du rempart protégeant la Cité des invasions barbares. Julien, qui séjourne dans le palais de la Cité, est proclamé empereur.

Construction de la première basilique dédiée à Saint-Germain.

Construction d'un nouveau pont au nord de la Cité, fortifié par le premier Châtelet.

Louis VI institutionnalise les échanges commerciaux au nouveau marché des Champeaux qui deviendront les Halles.

Construction du grand Châtelet.

Construction du premier Louvre et de l'enceinte de Philippe-Auguste sur la rive droite.

Dédicace d'une chapelle à sainte Agnès qui deviendra par la suite Saint-Eustache. 

Saint Louis fait construire la Sainte-Chapelle. 

Fondation de l'hospice des Quinze-Vingts par Saint Louis. 

Édification de la Tour dite de l'Horloge à l'angle nord-est du Palais ; son horloge est la plus ancienne horloge publique de Paris.

construction de l'Église Saint-Eustache. 

Construction du jubé de Saint-Germain l'Auxerrois par Pierre Lescot 

l'aile Henri II du Louvre est construite par Pierre Lescot et décorée par Jean Goujon. 

Les orfèvres font édifier la nouvelle chapelle Saint-Eloi. 

Catherine de Médicis fait construire le palais des Tuileries par Philibert de l'Orme. 

Construction du Pont Neuf. 

Construction de l'Église des Feuillants dont la façade élevée entre 1623 et 1625 est due à François Mansart. 

Le Pont Neuf reçoit la pompe de la Samaritaine, reconstruite de 1712 à 1714 et démolie en 1813. 

Construction de la Place Dauphine. 

Fondation du couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré par Henri de Gondi, évêque de Paris. 

Le cardinal de Richelieu fait construire un palais qu'il légua à sa mort en 1642 au roi Louis XIII et qui deviendra ainsi le Palais-Royal. 

La statue de Henri IV est placée sur le cheval de bronze destiné à la recevoir ; la monture avait été offerte par Cosme II de Médicis à sa fille, veuve de Henri IV. 

Achèvement de la cour Carrée du Louvre par l'architecte Louis Le Vau. 

Réalisation de la colonnade du Louvre par Claude Perrault. 

Le peintre Charles Le Brun organise le Cabinet des tableaux du roi, ouvert au public. 

Création de la Place des Victoires par le Maréchal de La Feuillade. 

Construction de la Place Vendôme. 

Louis-Philippe d'Orléans fait construire par l'architecte Victor Louis les soixante pavillons qui entourent le Palais-Royal. 

Suppression du cimetière des Innocents. 

Début du percement de la rue de Rivoli et de la rue de Castiglione ; destruction de la forteresse du Châtelet. 

Achèvement du Pont des Arts. 

Le 25 juillet, pose de la première pierre du nouveau Louvre assurant la jonction au nord entre la cour Carrée et les Tuileries. 

Aux Halles, les pavillons de l'a rchitecte Victor Baltard remplacent le marché des Prouvaires. 

Construction de la mairie du 1 er arrondissement. 

Pendant la semaine sanglante de la Commune, les insurgés incendient le Palais des Tuileries. 

Construction de l'Hôtel des Postes de la rue du Louvre. 

Construction de la nouvelle Bourse de Commerce. 

Départ des Halles centrales pour Rungis. 

Inauguration du Forum des Halles par Jacques Chirac, Maire de Paris. 

Le 1 er octobre, inauguration du nouveau Forum, place Carrée.

Historique des 4 quartiers du 1er

L'histoire du 1er arrondissement de Paris est riche et se confond très souvent avec l'Histoire de France. En se baladant à travers les plus vieilles rues de la capitale, un flot de souvenirs rejaillit et la mémoire de la "Ville Lumière" apparaît au grand jour comme pour affirmer une nouvelle fois sa majesté. Le meilleur moyen de visiter une ville est encore de s'y perdre. Prenons donc le temps de flâner à travers les quatre quartiers du 1er, arrondissement, à savoir : Les Halles, Saint-Germain l'Auxerrois, le Palais-Royal et la Place Vendôme.

LES HALLES :

Nous débutons cette promenade au Forum des Halles. Construit entre 1973 et 1979 par les architectes Georges Pencreac'h et Claude Vasconi, complété par Jean Willerval puis agrandi par Paul Chemetov, le Forum des Halles se trouve à l'emplacement des Champeaux, un territoire de petits champs qui s'étendait autrefois à l'ouest de la rue Saint-Denis. Le 1er octobre 1985, Jacques Chirac, alors Maire de Paris, inaugura la place Carrée et le secteur Bourse - Saint-Eustache au cœur du Forum.

Aujourd'hui ce vaste espace permet de se rendre au cinéma, de profiter de la Médiathèque de Paris, de la piscine ou du Forum des Images... Non loin du Forum se trouve l'église Saint-Eustache. Édifiée de 1532 à 1640, elle présente des analogies avec Notre-Dame de Paris. Gothique par son plan et par sa structure, elle est de style Renaissance dans sa décoration. A proximité des Halles, nous empruntons la plus ancienne rue de Paris, la rue Saint-Denis, où s'élève entre autres monuments la Fontaine des Innocents, édifiée par le sculpteur Jean Goujon, et l'église médiévale Saint-Leu - Saint Gilles. Bâtie en 1319 sur les bases d'une chapelle élevée en 1235 par l'abbaye Saint-Magloire Saint-Leu Saint-Gilles a été considérablement restaurée sous Louis XV et Louis-Philippe. Dans la rue de la Ferronnerie, nous ne pouvons passer devant le numéro 11 sans que l'assassinat d'Henri IV par Ravaillac ne nous vienne a l'esprit. C'était le 14 mai 1610 mais cette rue reste encore aujourd'hui célèbre pour ce sombre événement. Nous arrivons à la place du Châtelet. Face à nous se trouve le Théâtre du Châtelet, construit par l'architecte Gabriel Davioud entre 1860 et 1862. Baptise à l'origine Cirque Impérial, il fut un des hauts lieux de l'opérette avant de prendre le nom de Théâtre Musical de Paris avec une programmation nettement plus ambitieuse. Sa façade est une imitation de la Renaissance italienne.

En empruntant le pont au Change, un des plus anciens ponts de Paris, nous pénétrons dans l'île de la Cité dont le tiers occidental est rattaché au premier arrondissement. Sur le boulevard du Palais, on peut choisir entre le quai de l'Horloge et le quai des Orfèvres pour rejoindre la place Dauphine. Cette place fut construite sur ordre d'Henri IV dont la statue équestre veille toujours sur le pont Neuf. Dans le prolongement de la place Dauphine, il est agréable de flâner quelques heures dans le square du Vert-Galant. De l'autre côte du pont Neuf, on pénètre dans le quartier de l'église Saint-Germain l'Auxerrois.

SAINT-GERMAIN L'AUXERROIS :

Il s'agit de la première basilique chrétienne élevée au sein de la capitale. Ce fut Landry, évêque de Paris (643 -? 657), qui décida de l'ériger. Ses reliques y ont été conservées jusqu'en 1171 où elles furent placées dans une châsse en bois par l'évêque Maurice de Sully. Originellement dédiée à Saint-Germain, évêque de Paris, elle prit le vocable Saint-Germain l'Auxerrois pour ne pas être confondue avec ses homonymes Saint-Germain le Vieux et Saint-Germain des Prés. C'est autour de la rue Saint-Germain l'Auxerrois (qui allait du débouché du Grand Pont jusqu'à Chaillot) que s'est étendue la première agglomération parisienne entre le VII ème et le XII ème siècle. À côté de l'église Saint-Germain l'Auxerrois on trouve la mairie du 1er arrondissement, érigée par l'architecte Jacques-Ignace Hittorff sur ordre de Napoléon III. Cet édifice ressemble à une église néo-Renaissance et est relié à Saint-Germain l'Auxerrois par un haut beffroi, construit par Théodore Ballu, qui abrite un carillon.

Non loin de la mairie, on peut découvrir les façades de la Samaritaine, le plus étendu des grands magasins parisiens. Celui-ci est bordé entre autres par la rue de l'Arbre Sec qui côtoie Saint-Germain l'Auxerrois. En remontant la rue du Louvre, on arrive tout d'abord à la Bourse de Commerce qui fut édifiée entre 1887 et 1899 par Blondel. Cette drôle de bâtisse ronde surmontée d'une coupole est adossée à la colonne astrologique, construite en 1575 par l'architecte Jean Bullant. Haute de trente et un mètres, cette colonne avait été érigée sur ordre de Catherine de Médicis ; en son sein se trouve un petit escalier de cent quarante-sept marches qui mène à une plate-forme où auraient officié les astrologues de la Reine. Un peu plus loin on découvre l'Hôtel des Postes (construit en 1880 par Gaudet) qui se trouve au croisement de la rue du Louvre et de la rue Etienne Marcel ; celle-ci sépare le 1er arrondissement du 2ème. En l'empruntant vers l'ouest, nous entrons dans le quartier du Palais-Royal.

PALAIS ROYAL :

La rue Etienne Marcel s'achève ici, place des Victoires. Dessinée en 1685 par l'architecte Jules Hardouin-Mansart pour le vicomte François d'Aubusson, cette place a la forme d'un fer à cheval. En 1822, le sculpteur François Joseph Bosio inaugura sur cette place la statue équestre de Louis XIV qui remplaçait la statue en pied détruite pendant la Terreur (1792). En empruntant la rue Catinat ou la rue de la Feuillade, on débouche sur la rue La Vrillière entièrement occupée du côté des numéros impairs par la Banque de France. Depuis le 6 mars 1808 en effet, l'Hôtel de la Vrillière est le siège de la Banque de France après avoir été celui de l'Imprimerie nationale puis impériale. Construit entre 1634 et 1640 par l'architecte François Mansart, cet hôtel porte le nom de son premier propriétaire : Louis Phélypeaux, marquis de la Vrillière.

Près de la jonction de la rue Croix des Petits Champs et de la rue du Bouloi, on peut s'engouffrer dans le passage Véro-Dodat. Cette galerie, construite en 1826, abrite de ravissantes boutiques et porte le nom des deux charcutiers qui l'ont créée.
La comédienne Rachel habita au troisième étage du numéro 38 de cette galerie de 1838 à 1842. Triomphant dès l'âge de dix-sept ans au Théâtre Français, Rachel vit sa carrière météorique interrompue par la maladie. Au rez-de-chaussée de ce même numéro était imprimé Le Charivari, journal satirique auquel collaboraient Gavarni et Daumier. Par la rue Jean-Jacques Rousseau (où habita le philosophe), on rejoint la rue Saint-Honoré pour se trouver devant le Louvre des Antiquaires.

En tournant à droite, on emprunte la rue de Valois qui borde à l'est le Palais Royal. Aux numéros 6 et 8 on aperçoit la façade de l'Hôtel Mélusine où se réunit l'Académie Française de 1638 à 1643 et qui abrita de 1792 à 1936 le célèbre restaurant Le Boeuf à la mode. Au bout de la rue de Valois, on tourne deux fois à gauche pour emprunter la rue des Petits Champs puis la rue Sainte-Anne ; on contourne ainsi le Théâtre du Palais Royal. Ce théâtre n'était à l'origine qu'une petite salle de marionnettes inaugurée par les Petits Comédiens de bois du comte de Beaujolais. Agrandi en 1790 par l'architecte Victor Louis pour sa nouvelle propriétaire (Marguerite Brunat, dite Mademoiselle Montansier), il fut restauré en 1880 par Paul Sédille. Hortense Schneider et la Déjazet y connurent quelques-uns de leurs plus grands triomphes. Par la rue Villedo et la rue Thérèse, on rejoint la rue de Richelieu parallèle à la rue Montpensier. Celle dernière débouche à droite sur la rue Beaujolais ; de là, on pénètre par des arcades dans le jardin du palais Royal.

Au bout de ce jardin se trouve ledit Palais Royal. Édifié entre 1624 et 1629 par Jacques Lemercier sur ordre de Richelieu, il porta d'abord le nom de Palais Cardinal. Richelieu y vécut pendant quatre années et le légua à sa mort le 4 décembre 1642 à Louis XIII. Il prit ainsi le titre de son nouveau propriétaire. Tout près du Palais Royal, on trouve également le Conseil Constitutionnel, le Ministère de la Culture et de la Communication ainsi que la Comédie Française. Le Théâtre Français fut édifié entre 1786 et 1790 par Victor Louis à l'emplacement de l'ancien palais Brion. Agrandi en 1822 par Fontaine et remanié en 1863 par Prosper Chabrol, il fut restauré en 1900 et en 1935 par Gaudet puis Marrast. Aujourd'hui encore, Talma, Mademoiselle Mars ou la Dugazon continuent de hanter ce lieu mythique. Dirigeons-nous à présent vers le Louvre qui n'a pas toujours été ce palais, plus grand musée du monde, conservant notamment quelques unes des plus belles œuvres d'art jamais réalisées. Il fut d'abord une forteresse construite sur ordre de Philippe Auguste au bord de la Seine pour mieux défendre la ville à l'ouest (1190-1200). Ce fut ensuite sous l'impulsion de plusieurs souverains (Charles V, François 1er, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV entre autres) que la forteresse se transforma en palais et commença à recueillir les chefs-d'œuvre qui aujourd'hui incitent des millions de touristes à venir le visiter. Encore sous le charme de la Joconde et de la Vénus de Milo, dirigeons-nous vers l'ultime étape de notre voyage : le quartier de la place Vendôme.

PLACE VENDÔME :

L'avenue de l'Opéra est une de ces superbes artères dessinées par le baron Haussmann. En prenant à gauche, on longe la rue Danielle Casanova (où habita Henri Beyle, plus connu sous le nom de Stendhal) et la rue des Capucines pour rejoindre le boulevard de la Madeleine. On se retrouve alors face au magasin des Trois Quartiers qui est le plus petit de tous les grands magasins parisiens. Par la rue Duphot on accède à la petite place Maurice Barrès sur laquelle se trouve l'église Notre-Dame de l'Assomption. Cette église ronde fut conçue entre 1670 et 1676 par l'architecte Charles Errard, premier directeur de l'Académie de France à Rome, à la demande des Haudriettes, religieuses hospitalières qui se vouaient au soin des veuves sans fortune. Leur nom est du à Etienne Haudri, écuyer du roi, qui fonda leur institution en 1264. C'est à Notre-Dame de l'Assomption qu'eut lieu en 1842 le service funèbre de Stendhal, frappé par l'apoplexie au coin du boulevard et de la rue des Capucines. Et ce n'est qu'en 1905 que Constant Moyaux acheva l'édifice néo-florentin de la Cour des Comptes qui semble presque écraser l'église aujourd'hui encore.

En revenant rue Saint-Honoré pour se laisser éblouir par les nombreuses boutiques de luxe, nous prenons à gauche la rue de Castiglione d'où l'on aperçoit déjà la colonne de la place Vendôme. Cette place fut dessinée par Jules Hardouin-Mansart et Germain Boffrand et aménagée de 1686 à 1720. En son centre se trouve la colonne Vendôme, haute de quarante-quatre mètres et lourde d'environ deux mille tonnes. Au sommet est juchée une statue de Napoléon 1er, œuvre du sculpteur Dumont. Dans une autre rue perpendiculaire à la rue Saint-Honoré, la rue Saint-Roch, on se retrouve face à l'église du même nom. C'est Jacques Lemercier, auteur de la chapelle de la Sorbonne, qui dessina les plans de Saint-Roch dont Louis XIV posa la première pierre en 1653. Les travaux de construction et de décoration ne s'achevèrent cependant qu'en… 1740.
Et ce fut sur les marches de Saint-Roch que Napoléon Bonaparte réussit, le 13 vendémiaire de l'an IV (5 octobre 1795), à mater une insurrection royaliste contre la Convention. Cet épisode qui vit l'illustre Général corse entrer dans l'Histoire est connu sous le nom de « Canonnade de Saint-Roch ».

Par la rue des Pyramides, nous rejoignons la place éponyme au centre de laquelle se dresse la statue équestre dorée de Jeanne d'Arc (œuvre d'Emmanuel Frémiet). Devant nous enfin s'étendent les jardins du Carrousel et des Tuileries. Ce dernier est le plus ancien et le plus vaste jardin de Paris. Voulu par François 1er, il fut aménagé sous Catherine de Médicis. En 1664, André Le Nôtre le redessina à la demande de Louis XIV. Aujourd'hui on peut y admirer dix-huit statues d'Aristide Maillol installées là à l'initiative d'André Malraux, Ministre de la Culture, en 1965. Aux deux extrémités ouest du jardin des Tuileries, on trouve le Musée de l'Orangerie et le Jeu de Paume. En regardant vers l'est on aperçoit, devant la place du même nom, l'Arc de triomphe du Carrousel. Pourquoi ne pas prendre le temps de se reposer au milieu de ces vertes étendues ? Il est en effet grand temps de reprendre ses esprits après une si longue et si belle promenade…

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017

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